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Kevin Loaec, un maximaliste, considère le bitcoin comme une monnaie du marché noir "nécessaire à la liberté"


INTERVIEW- Dix ans après avoir découvert le bitcoin, Kevin Loaec reste convaincu de son utilité, notamment pour résister à la censure et protéger sa vie privée.

Kevin Loaec, le patron et co-fondateur de l'entreprise Wizardsardine, spécialisée dans la sécurité sur le bitcoin, fait partie des bitcoiners maximalistes, une communauté qui défend les fondamentaux de la cryptomonnaie. Dix ans après avoir découvert le bitcoin, il reste convaincu de son utilité, notamment pour résister à la censure et protéger sa vie privée.

BFM Crypto: Comment avez-vous découvert le bitcoin?

VIDEO: Le bitcoin, une monnaie du marché noir "nécessaire pour la liberté" ?
BFM Crypto

Kévin Loaec: C'était en 2013, je cherchais à lever des fonds avec ma startup spécialisée dans le paiement. Or, je me suis retrouvé face à un mur. Je ne pouvais pas lever de fonds sans licence de la banque centrale, ce qui semblait impossible à obtenir lorsque l'on travaille dans les paiements. Cela sonnait comme un coup de massue pour mon projet. Puis j'ai rencontré des personnes qui m’ont parlé du bitcoin, m'expliquant qu'avec cette cryptomonnaie, on n'avait besoin d'aucune licence pour réaliser des transactions. Je me suis d'abord renseigné sur la blockchain Bitcoin. J’ai rapidement fait partie de la communauté des développeurs qui travaillent sur le protocole Bitcoin. A l’époque, la plupart des personnes avaient la vingtaine. Nous étions des personnes normales travaillant sur un protocole aussi spécial que le Bitcoin. J’ai pu faire partie d’une technologie qui a vraiment le potentiel de changer le monde, et surtout de façon pratique, d’aider les gens.

Justement, à quoi sert le bitcoin selon vous?

VIDEO: Pourquoi et comment défendre Bitcoin contre des adversaires étatiques ? [Kevin Loaec]
Surfin' Bitcoin

Bitcoin a été construit pour répliquer le cash sur internet. Au même titre que vous donnez un billet de 10 euros à une personne, la transaction s'effectue juste entre vous et cette personne sans intermédiaire, c'est la même chose qui se produit sur Bitcoin. Fondamentalement, utiliser Bitcoin sur la blockchain sera toujours plus cher et plus lent que les alternatives qui peuvent se permettre de sacrifier la résistance à la censure ou la sécurité. En effet, en priorisant la sécurité et la résistance à la censure, cela a un coût technique, et par extension monétaire, élevé. La résistance à la censure, c’est avoir un système monétaire sans que personne ne puisse interagir sur ce que vous voulez faire de votre argent. Selon moi, il y a peu d’intérêt à utiliser bitcoin par exemple pour payer une baguette de pain.

Aujourd'hui, le bitcoin est beaucoup vu comme un objet de spéculation.

VIDEO: Les forks de Bitcoin : le bon, la brute et le truand [Kévin Loaec]
Surfin' Bitcoin

C’est le cas, mais ce n’est pas la raison d’être de bitcoin. C’est un outil de transaction qui ne peut pas être bloqué. La limite de 21 millions de bitcoins en circulation lui donne une potentielle application en tant que réserve de valeur, mais ce n'est pas le but de Bitcoin, en soi. En ce qui me concerne, je suis passionné de Bitcoin comme outil de liberté. J'y travaille parce que je sais que beaucoup de personnes dans le monde ont besoin du Bitcoin, moi pas vraiment. En tout cas, pas pour le moment.

"En ce qui me concerne, je suis passionné de Bitcoin comme outil de liberté", confie à BFM Crypto Kevin Loaec, patron et co-fondateur de l'entreprise Wizardsardine, spécialisée dans la sécurité sur le bitcoin.

Lors d’une conférence, vous avez déclaré que le bitcoin est la monnaie du marché noir, qu’entendez-vous par là?

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bitcoin fr

C’est exact, au même titre que le cash. Bitcoin est construit pour être une monnaie de dernier recours. J’entends par là que le bitcoin s’adresse surtout aux personnes qui sont dans l’incapacité de réaliser certaines transactions. Ceux qui n’ont pas de compte bancaire. Ceux qui ne peuvent pas faire des paiements en ligne. Dans les faits, Bitcoin n'est pas, ou vraiment très peu, utilisé pour le marché noir, qui utilise majoritairement le cash. Par marché noir, il ne s’agit pas de transactions immorales, mais nécessaires pour la liberté. Le Bitcoin entend par exemple résoudre les problèmes d'exclusion financière dans certains pays. Par exemple, une personne qui ne peut pas faire sortir de l'argent de son pays, comme au Venezuela par exemple, peut très bien voyager avec un wallet [portefeuille froid, NDLR] qui détient ses bitcoins. De même, le bitcoin peut être utile si vous voulez protéger votre vie privée: par exemple, si vous êtes journaliste en Iran et que vous voulez payer autrement qu’avec votre carte bancaire.

Comment vraiment rester anonyme?

VIDEO:

Le bitcoin reste primordial pour protéger sa vie privée, surtout pour les personnes dans des pays en dictature ou sous fort contrôle. Il est très facile de trouver des gens qui veulent bien vous acheter du Bitcoin contre du cash ou en faisant un transfert bancaire, sans avoir besoin de passer par des plateformes d'échanges de cryptomonnaies [de nombreuses plateformes demandent l'identité de l'utilisateur à travers une procédure dite de KYC pour Know Your Customer, NDLR]. En effet, une fois identifié sur la blockchain Bitcoin, il est très facile d'être tracé par n'importe qui, puisque la blockchain est publique. Si l’on veut rester anonyme, il faut par exemple utiliser certains outils, comme du mixing, qui brouillent les transactions en cryptomonnaies. Un Etat pourrait très bien mettre ces services de mixing hors ligne, mais des développeurs réussiront toujours à faire tourner d’autres serveurs.

"Le bitcoin reste primordial pour protéger sa vie privée, surtout pour les personnes dans des pays en dictature ou sous fort contrôle", rappelle Kevin Loaec.

De même, un Etat pourrait-il interdire le bitcoin?

VIDEO:

C’est possible, mais le réseau Bitcoin ne pourrait pas disparaître pour autant. Un Etat comme les Etats-Unis pourrait bloquer la blockchain Bitcoin en saisissant les 1/3 de fermes de minage sur place et en lançant une attaque coordonnée avec d’autres Etats pour contrôler au moins 51 % du réseau Bitcoin. Ils pourraient le faire pendant plusieurs mois, mais ça leur coûterait des millions de dollars de faire tourner les machines de minage. ​Et ce serait donc une attaque limitée dans le temps. Dès qu'ils arrêteraient de miner à perte, les mineur honnêtes reprendraient leur activité et Bitcoin reprendrait son cours normal.

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Author: Adam James

Last Updated: 1700041082

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